RADIO CGT PEN AR BED

En mai 1980, la station a émis à Brest puis à Pont-Labbé

En ce tout début des années quatre-vingts, la CGT poursuit ses émissions pirates dans toute la France à l'image de Radio Lorraine Coeur d'Acier dans l'est ou de radio Quinquin dans le nord. Le syndicat a acquis plusieurs émetteurs qu'il prête aux unions départementales qui le souhaitent.
Le 19 mai, les Cégétistes déploient une antenne sur le toit de la Maison du peuple dans le centre-ville de Brest. La station rayonne sur une trentaine de kilomètres sur une fréquence en bout de bande, vers 88-89. Radio CGT Pen ar Bed doit en effet jouer avec le brouillage. Les émissions dureront trois jours.
Le matériel est ensuite transporté à Pont-L'abbé ou la radio doit diffuser trois autres jours avant que l'émetteur ne soit remis aux camarades du Morbihan.
Là, l'opération ne se passe pas aussi tranquillement qu'à Brest car les gendarmes pointent le bout du képi. Mais la foule de syndicalistes présents empêchent la saisie.

Le premier jour de Radio CGT Pen-ar-Bed vu par la presse

Le mardi 20 mai 1980 dans le Télégramme

La CGT émet depuis hier à Brest.

Depuis la nuit de dimanche à lundi, une antenne de 13 mètres a été érigée sur le toit de la Maison du peuple qui abrite notamment l'union départementale de la CGT. En suivant les fils, on aboutit à un poste émetteur FM appartenant à la confédération nationale de la CGT pour les aider à faire connaître la position du syndicat sur les problèmes comme la Scarloc, les conflits sociaux, l'information.
La radio pirate a émis plusieurs heures hier sur 88 mhz en modulation de fréquence avec pour rayon d'écoute près de 50 km, après les indispensables réglages. Apparemment les premières émissions n'ont pas été brouillées et on a pu entendre divers débats sur la réalité économique et sociale brestoise, le conflit EGMO et la meilleure manière d'en informer la population. D'autres tables rondes sont prévues sur la culture, la réparation navale ou l'arsenal.

Radio Pen-ar-Bed brouillée

Dans le Télégramme du 22 mai 1980

Radio pirate : les émissions de la CGT recouvertes par FR3.

La radio pirate CGT Pen-ar-Bed est brouillée depuis mardi soir. Les autorités administratives ont donné à la direction régionale de FR3 mission de changer le canal de diffusion de France Inter en modulation de fréquence afin de superposer les deux émissions. Comme FR3 est plus puissant que Radio Pen-ar-Bed, c'est le premier poste que l'on entend si l'on se met à l'écoute sur 88 mhz.

Dans le télégramme du 23 mai 1980

Radio pirate à Brest, FR3 étrangère au brouillage.

Dans cet article FR3 dément être responsable du brouillage mais précise "qu'il a été constaté à plusieurs reprises que certaines émissions pirates brouillaient les émissions radios de FR3". Ce qui est évidemment un peu fort de café. FR3 dément d'autant plus facilement que c'est TDF qui a été chargé de brouiller les émissions et que, ne disposant pas de brouilleur, le diffuseur d'état a bougé la fréquence voisine de France Inter sur 88.3 pour la superposer à la radio pirate.

Les gendarmes interviennent pour faire taire Radio Pen-Ar-Bed

Dans le Télégramme du vendredi 30 mai 1980

Radio de la CGT
La police intervient après deux jours d'émission

Après à peine deux jours d'émission, Radio Pen-Ar-Bed, la radio libre de la CGT, a cessé d'émettre hier matin à Pont-L'Abbé. A 7h45, les gendarmes de Pont-L'Abbé et de Quimper sont intervenus pour saisir le matériel, ce à quoi s'opposeront les responsables de l'émission. Mais l'antenne était peu après débranchée par les forces de l'ordre.

Dans le Télégramme du samedi 31 mai 1980

Les forces de l'ordre qui avaient interrompu jeudi matin les émissions de Radio Pen-Ar-Bed, une radio locale de la CGT du Sud Finistère, et qui campaient depuis aux abords du local syndical de la CGT de Pont-L'Abbé, se sont retirées hier après-midi sur instruction du procureur de la République qui a décidé de ne pas saisir le matériel.