Radio Quartiers Brest/Fréquence Mutine

Tout commence par Radio Kerangoff

Le 22 février 1982, un nouvel émetteur diffuse sur la bande FM brestoise. Et pas n'importe lequel, car il s'agit de celui de Radio Plogoff, inutilisé par les CLIN et qui sert désormais à une nouvelle station, Radio Kerango.

En avril 1982, le projet se précise

La radio prend ses quartiers

Au centre-ville, Radio Neptune émet déjà depuis plusieurs semaines depuis la rue du Château (elle déménagera en avril 83 à maison de quartier de la rue Neptune). Elle s'associe à Radio Quartiers Brest (RQB) et la ville se retrouve avec une station très originale sur la même fréquence, 95 FM. Neptune émet les mardi et mercredi. RQB, organisée en îlots, les autres jours. Il y a ainsi les îlots Kérangoff, Pen-Ar-Créach et Bellevue. L'îlot Bellevue a fonctionné à partir de septembre 82 mais s'est arrêté en novembre faute de combattants. Il a redémarré au printemps 83 avant que ce système d'îlots ne soit abandonné et que RQB se fixe au centre social de Kérangoff. Ce qui évite alors d'avoir à transporter à chaque émission le matériel dans chaque quartier de Brest.

Des projets sans suite

Certains projets d'îlots n'ont pas eu de suite comme celui de Sanquer. Les responsables du patronage laïque de Sanquer envisageraient dans le cadre de leur projet de nouveaux locaux, d'installer un studio radio. Cela n'a pas été plus loin.

On notera également une expérience de radio sur Guilers aidé techniquement par RQB. Cette radio expérimentale début 83 s'est appelée Radio Valentine.

Zoom sur radio Bellevue

A l'âge de onze ans Christophe anime avec son copain Grégory, douze ans, une émission sur Radio Bellevue, une des stations qui formaient Radio Quartiers Brest. Il témoigne :

"On a fait notre première émission en 1982 à Bellevue. RQB était installée au centre social, rue Pierre-Trépos, une semaine sur trois. Les autres semaines, les émissions étaient réalisées depuis le centre social de Kerango et de celui de Pen Ar Créac'h. Seul le centre social de Kerango possédait un studio (au même endroit qu'aujourd'hui, au sous-sol, on y accède par le côté). A Bellevue et à Pen Ar Créac'h, il fallait s'installer à chaque fois dans une salle. Je me souviens de quelques-unes des émissions. Christine (son nom de famille ? était-elle permanente ? bénévole ?) amenait le matériel le samedi, à Bellevue, une fois toutes les trois semaines. Il y avait une table de mixage (mono, pour faire de la stéréo, il fallait pousser deux boutons, et sans électrostart), une seule platine disque, et là c'était rigolo car il fallait parler suffisamment longtemps pour avoir le temps de changer de disque. On entend des craquements sur l'enregistrement, c'est celui du diamant de la platine disque, je me souviens que Christine oubliait parfois de baisser le potentiomètre... Les micros ? Pas de pied, on le tenait dans notre main.

"On ne savait pas qui écoutait évidemment, mais on avait le trac car en premier lieu les parents étaient à l'écoute. L'émetteur, de couleur bleu (venait-il de Radio Plogoff ?) était lui aussi installé toutes les trois semaines, sur le toit du centre social de Bellevue. C'était un 25 watts, je me rappelle, mono. Je ne sais pas combien d'émissions on a fait. Je me souviens qu'on a finalement obtenu une pièce séparée par une cloison vitrée, isolée par des boites d'oeuf, très à la mode à l'époque, et du matériel. Celui-ci a été volé seulement quelques jours après l'installation. Les voleurs sont passés par la lucarne. J'avais 11 ans en 1982, Grégory 12. Je ne sais pas ce qui m'a attiré vers la radio. J'avais un radio K7 et j'adorais tourner le bouton pour changer de station, voir la diode de bonne réception s'allumer, c'était magique. A cet âge, on ne pense pas encore au pouvoir qu'à la radio d'informer les gens, d'entrer chez eux, d'influencer leurs choix de vie, de leur faire passer des bons moments finalement."

Photo : Les jeunes animateurs de Radio Bellevue ont fait l'objet d'un article début 1983 dans Vitamines, une publication de la municipalité.

Une archives de Radio Bellevue

Le divorce avec Neptune

Le 8 mars 83, une réunion entérine la séparation entre Neptune et RQB. La commission Galabert accorde une dérogation à chaque radio. Les deux stations devront émettre sur deux fréquences distinctes. Neptune prête à diffuser tous les jours reste sur 95. RQB va s'installer sur 103.9, alors en bout de bande.


RQB devient Fréquence Mutine

Finalement RQB laisse tomber les quartiers et se spécialise petit à petit dans le rock. Elle change son nom pour celui de Fréquence Mutine. Car les initiales forment FM comme le montre ce premier autocollant.

Une promo pour Psychédélires, l'émission de Jacques Monot en 1986.

A suivre...

La suite de l'histoire est évoquée sur le site internet de Fréquence Mutine. Vous pouvez même écouter la radio en direct.

Fréquence Mutine

2012, les trente ans de Fréquence Mutine

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